Attention à nos enfants!
Présence accrue des policiers dans les zones scolaires
Présence accrue des policiers dans les zones scolaires

Mardi, 8h30, les policiers sont à leur poste depuis près d’une heure au coin du boulevard Lévesque et de la 92e avenue, à Chomedey. Si quelques automobilistes les voient de loin, la plupart ne les remarquent qu’une fois l’arrêt obligatoire passé. Et pour certain, grillé.
« C’est régulier. Les gens ne font pas leurs arrêts, explique l’agent Bruno Saint-Jacques, de la police de Laval. Ils sont pourtant convaincus de l’avoir fait, mais quand on roule à 65 km/h, ralentir à 15 km/h leur donne l’impression d’être arrêtés. Pourtant, les roues sont toujours en mouvement. »
Depuis le début des classes, les interventions de sécurité routière en milieu scolaire se sont intensifiées, histoire de rappeler aux conducteurs délinquants d’être prudents. Chaque policier émettant en moyenne une dizaine de billets de contravention à l’heure, il semble que ces interventions ne soient pas superflues pour assurer la sécurité des écoliers.
« Près de 80% des accidents arrivent en milieu urbain, dans les zones de 50 km/h, précise l’agent Serge Brazeau, avant de signaler à une automobiliste qu’elle vient de se mériter une contravention pour avoir brûlé un arrêt obligatoire, le véhicule qu’elle conduit n’ayant ralenti qu’à 45 km/h.
Les infractions les plus fréquentes sont évidemment les « stops à l’Américaine », le dépassement de la vitesse permise de 30 km/h en zone scolaire, quelquefois l’omission de s’arrêter au signal d’un brigadier, et bien sûr, le non-respect des feux clignotants des autobus scolaires.
« Ce sont souvent les parents qui reconduisent leurs enfants à l’école qui se retrouvent avec une contravention pour ne pas avoir respecté l’arrêt obligatoire requis par les signaux des autobus scolaires, » déplore l’agent Franco DiGenova, du service des affaires publiques de la police de Laval. « Une telle infraction, c’est neuf points de démérite au permis de conduire, et près de 350$ d’amende. En plus, le prix du permis de conduire du fautif va presque doubler au prochain renouvellement, car il sera alors considéré comme conducteur à risque. »
Gilles Dagenais, brigadier depuis maintenant un an, était bien content de la présence des policiers en ce matin d’automne. « Les automobilistes ne respectent pas les arrêts, » s’inquiète-t-il. Le coin où il assure la traversée sécuritaire des enfants faisant partie d’un projet pilote visant à ajouter un passage piétonnier au coin Lévesque et 92e avenue, le marquage de la chaussée n’est pas encore fait. Lorsqu’il lève son panonceau indiquant aux automobilistes que des enfants s’apprêtent à traverser l’intersection, « les gens arrêtent, mais… » lance-t-il, laissant sa phrase en suspens accompagnée d’un regard désapprobateur lourd de sens.
Cette année, le bilan s’élève à plus de 800 constats d’infraction émis par les policiers lavallois au cours d’opérations semblables, une triste récolte qui ne change guère d’une année à l’autre.
« L’opération pour la rentrée des classes achève, mais on reste vigilants. Quand vient octobre, début novembre, la vigilance des conducteurs retombe, » termine l’agent Saint-Jacques, tout en interpellant un autre conducteur fautif.