Gilles Duceppe relance la souveraineté, en citant l’absence d’alternative constitutionnelle.
Par Martin C. Barry 4 / 03 / 2010
Le Québec est dans une position qui est pire que jamais en ce qui a trait aux questions économiques, environnementales, linguistiques, culturelles et citoyennes, a déclaré le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe au cours d’un arrêt à Laval lundi dernier.
Deux décennies après l’échec de l’accord du Lac Meech, une offre constitutionnelle du gouvernement fédéral qui serait satisfaisante pour le Québec ne risque pas d’arriver, selon le chef Bloc Québécois Gilles Duceppe. Lundi, au cours d’un arrêt à Laval dans le cadre d’une tournée que Gilles Duceppe effectue dans l’ensemble de la province en prévision de la rentrée parlementaire de Mars, il a soutenu que l’influence politique du Québec continue à s’amenuiser, alors que le reste du Canada poursuit ses propres intérêts qui vont souvent à l’encontre de ceux du Québec.
Manque de volonté
« Vingt ans après le Lac Meech, le Québec reçoit des services en matière économique et environnementale qui sont pires que jamais et c’est également le cas en matière linguistique, culturelle et de citoyenneté », a-t-il déclaré aux journalistes lors d’une conférence de presse tenue dans un restaurant du boulevard des Laurentides. « Il est clair qu’au Canada, il n’y a aucune volonté politique pour répondre aux aspirations du Québec. Néanmoins, nous allons continuer à faire notre travail et essayer d’aller le plus loin possible pour augmenter la marge de manœuvre du Québec au sein du Canada ». « Nous allons, comme toujours, travailler de bonne foi en essayant de garantir des gains substantiels. En même temps, le Bloc continuera en 2010 d’être la figure de proue du mouvement souverainiste. Nous allons continuer à imaginer un Québec souverain et moderniser continuellement notre projet. Nous allons même intensifier nos efforts. Quand les Québécois réaliseront que les espoirs de réformer le fédéralisme sont illusoires et que la seule voie future pour le Québec est l’indépendance politique, nous serons alors prêts à mettre en œuvre un projet souverainiste qui sera clair et inspirant ».
« Ce sont des hypocrites », déclare Gilles Duceppe.
Malgré la reconnaissance du Canada français par le parlement canadien au moyen de la résolution sur la nation québécoise il y a quatre ans, Gilles Duceppe soutient que les Conservateurs et les Libéraux ont depuis agi avec hypocrisie envers le Québec. Un des exemples les plus criants est que la loi 101, la loi linguistique qui garantit la prédominance du français au Québec, n’est même pas appliquée au niveau des institutions fédérales. « On dit aux nouveaux arrivants au Québec que le Canada est un pays bilingue et majoritairement anglophone », dit-il. « On leur dit que la politique de la citoyenneté est fondée sur l’idéologie canadienne du multiculturalisme ». Dans ces circonstances, Gilles Duceppe est étonné que la province ait réussi à intégrer la moitié des immigrants à la majorité francophone du Québec.
En ajoutant de l’eau au moulin de la souveraineté contre le fédéralisme, le Bloc Québécois affirme que dans les récents budgets fédéraux, les intérêts économiques du Québec ont été ignorés. L’an dernier, dans le plan de mesures de redressement économique du gouvernement conservateur, des industries essentielles de la province telles la foresterie, l’aéronautique et le secteur manufacturier ont été sous-estimées alors que les efforts ont été concentrés dans le secteur automobile de l’Ontario et dans l’industrie oléifère de l’Ouest canadien. Un autre exemple mis en évidence par M. Duceppe est le fait qu’Ottawa « s’apprête à injecter des milliards de dollars en Ontario et en Colombie-Britannique pour harmoniser les taxes de vente », alors qu’il refuse de payer les 2.2 milliards dus par le gouvernement au Québec pour les mêmes raisons.
Traduction infidèle
Gilles Duceppe a réagi aux rapports sur la piètre prestation de services en français aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver. « J’ai toujours soutenu qu’il n’y a que deux vraies langues officielles – l’anglais et la traduction simultanée » a-t-il déclaré. « La traduction était de mauvaise qualité. Un commentateur de Radio Canada a souligné que le terme Bloody Mary avait été traduit par Marie Saignante. J’imagine que si un client demandait quelque chose de similaire dans un bar du Québec, le serveur appellerait la police pour signaler la présence d’un individu étrange et dangereux. Cela vous donne une idée de la situation. C’est la triste réalité de l’état du français à l’extérieur du Québec ».








