Serge Ménard soutient le registre des armes
Par Martin C. Barry 29 / 09 / 2010
« C’est une profonde conviction », déclare l’ex-ministre de la sécurité publique sous le PQ
Le député du Bloc Québécois de la circonscription de Marc-Aurèle-Fortin Serge Ménard a déclaré que les opposants au Registre national canadien des armes à feu sont victimes de la propagande du « National Rifle Association » des États-Unis et que le registre va demeurer.
En faveur du registre
« C’est une profonde conviction qui remonte au tout début de ma pratique en droit, il y a plus de trente ans, » a déclaré au cours d’une entrevue avec Mon Laval, Serge Ménard, ex-ministre de la Sécurité publique dans le gouvernement du Parti Québécois. Les parlementaires canadiens sont appelés à voter mercredi prochain sur une proposition cruciale qui pourrait déterminer le futur du registre. « Comme beaucoup d’autres personnes, j’ai remarqué l’orientation prise par le Canada et les États-Unis (dans ce dossier). Je suis absolument convaincu que si nous contrôlons les armes à feu, nous réduisons le nombre d’homicides et ce n’est certainement pas par coïncidence. Le taux d’homicides aux États-Unis et de trois fois et demi plus élevé qu’au Canada. »
Diminuer les homicides
« Des solutions comme l’emprisonnement ne font aucune différence parce que le taux d’incarcération aux États-Unis est sept fois plus élevé que celui du Canada, » a-t-il ajouté. « Je peux demander à n’importe quel Américain quelle est selon lui la raison qui explique un taux aussi élevé et il répondra que c’est à cause des armes et de la facilité avec laquelle les gens peuvent s’en procurer. Au Canada, nous exerçons un certain contrôle depuis 1934 ».
« Il est clair que lorsque nous poursuivons dans cette direction, nous avons une influence directe sur la protection de la vie humaine – une protection contre les homicides, les homicides non prémédités et les homicides au cours de querelles domestiques. Je suis convaincu qu’un meilleur contrôle des armes va réduire le nombre d’homicides et de suicides. C’est ce que nous avons expérimenté au Québec au cours des dernières années. »
Selon Serge Ménard, les armes sont risquées
Serge Ménard souligne que les slogans du lobby des armes tel que « Les armes ne tuent pas, ce sont les gens qui tuent » sont des exemples de la démagogie et de la rhétorique qui permettent d’éviter les vraies questions : et ces questions sont que les armes sont un attrait pour les personnes qui désirent une solution instantanée aux problèmes auxquels elles font face. « Quand vous avez un accès direct à une arme à feu et qu’il y a un risque que la colère vous amène à vous en servir, elle est à portée de main. Dans une situation où quelqu’un est suicidaire, il n’y a qu’un pas pour passer de la pensée à l’acte. Une arme est généralement le moyen choisi par quelqu’un qui désire mettre fin à ses jours, car c’est facile et sans douleur. Il s’agit de tirer sur la gâchette et tout est fini. »
Les Libéraux et le NPD ont exprimé leur volonté de faire certains compromis sur des exigences du Registre des armes à feu en réponse aux protestations des propriétaires d’armes des régions rurales de l’Ouest canadien. Toutefois, Serge Ménard est en désaccord avec ce choix qu’il impute à l’influence d’un vaste lobby défendant la possession d’armes non contrôlées aux États-Unis.
La propagande de la NRA
« Ils sont vraiment victimes de la propagande de la « National Rifle Association », a-t-il déclaré. Serge Ménard ajoute que les gens qui vivent dans les régions rurales sont également soumis à des restrictions pour posséder et utiliser leurs véhicules, leurs motoneiges ou leurs bateaux. « Les embarcations qu’ils utilisent pour aller chasser doivent également être enregistrées, de même que leurs voitures, » précise-t-il. « Alors qu’est-ce qui est le plus dangereux? Les armes à feu, les voitures, les motoneiges ou les tracteurs de ferme quand ils doivent circuler sur la route? »
Selon le député de Marc-Aurèle Fortin, les arguments des opposants au registre des armes à feu, lui rappellent le raisonnement de ceux qui étaient en désaccord avec l’utilisation obligatoire des ceintures de sécurité, il y a une dizaine d’années. « C’était une sorte de réaction émotive de certaines personnes qui disaient qu’on ne les forcerait pas à boucler leur ceinture, » a-t-il dit. « À la fin, les gens ont été obligés de boucler leurs ceintures, ce qui a eu un impact sur le nombre de blessures causées par des accidents et aujourd’hui tout le monde accepte le port de la ceinture de sécurité. »








