Prostitution : la situation actuelle
Prostitution : la situation actuelle
Il est aussi considéré comme criminel que d’encourager une personne à se prostituer, de l’aider ou de la forcer à le faire, ainsi que de vivre entièrement ou en partie des produits de la prostitution d’une tierce personne.
Depuis le 5 août 2010, il est désormais considéré comme infraction grave que de tenir une maison de débauche. Auparavant passible d’un emprisonnement maximal de deux ans, la personne trouvée coupable d’une telle infraction s’expose aujourd’hui à une peine de cinq ans et plus. Les personnes arrêtées en vertu de cette loi verront s’ajouter une charge additionnelle, être membre d’un gang criminel. Ce règlement entre dans les outils de lutte au crime organisé.
La question du statut juridique de la prostitution est plus que jamais d’actualité. Dans le procès de Terri-Jean Bedford, une dominatrice ontarienne travaillant dans une maison de débauche, trois prostituées ont demandé que la Cour déclare les restrictions légales entourant leurs activités, une violation de la Chartre des Droits de la personne en matière de sécurité et de liberté d’expression. Dans le jugement rendu par la juge Himel de la Cour Supérieur de l’Ontario, le 28 septembre dernier, cette dernière a jugé anticonstitutionnels pratiquement tous les articles du Code criminel canadien relatifs à l’encadrement de la prostitution. Dès le lendemain, le ministre de la Justice Rob Nicholson annonçait que le gouvernement fédéral en appellerait de ce jugement.
Dans les faits
Ce sont actuellement les prostituées de rues qui doivent le plus souvent faire face aux autorités. Ces dernières œuvrant à la vue de tous, leurs activités dérangent le voisinage et donnent rapidement mauvaise réputation à un quartier, ce qui est mauvais pour l’image d’une municipalité. Ce type de prostitution étant généralement en lien rapproché avec la vente de stupéfiants et les actes de violence, les policiers sont rapides à intervenir pour l’enrayer.
La prostitution à domicile, moins flamboyante, n’est de son côté que très rarement embêtée par les forces de l’ordre. On sait que les petites annonces des journaux contiennent leur lot d’offres de services sexuels. Les sites internet de rencontres sont aussi une source inépuisable de messages explicites vantant les mérites professionnels des annonceurs. Sans énumérer directement les services disponibles, il n’est pas rare que ces annonces incluent les tarifs en vigueur.
Une revue rapide de deux sites couramment utilisés par les prostituées et les clients à la recherche de services a permis de constater que près de six annonces sur dix sont de claires invitations à participer à des relations sexuelles rémunérées. À ceux qui savent où chercher et connaissent le langage obscur utilisé, des sites de références de prostituées, avec appréciation des services reçus, sont en service. Les prostituées elles-mêmes vont y référer des clients potentiels pour justifier des coûts plus élevés que la moyenne. Les agences d’escortes, qui utilisent ces mêmes techniques de publicité, en profitent pour annoncer leurs offres d’emploi et recruter de nouvelles candidates. Tant pour les prostituées indépendantes que pour les agences d’escortes, internet offre l’avantage de permettre au client de voir la marchandise avant de commander.
Les bars de danseuses et salons de massages, qui dit-on ne dispensent que des services limités d’attouchements, encouragent souvent la prostitution sous leur toit, à condition que celle-ci soit faite avec un minimum de discrétion. Dans de nombreux établissements, les clients recherchant des services « spéciaux » doivent s’adresser au portier ou à la réception, et seront évalués avant d’obtenir l’objet de leurs désirs. Ici encore, internet entre en jeu pour diriger les clients vers les établissements plus permissifs. Ces sites annoncent les bars de danseuses de la province, et permettent aux danseuses d’ajouter leur CV à une banque de candidates potentielles, façon Job boom. Comme avec Job boom ou Monster.ca, des formations sont offertes aux danseuses débutantes qui le désireraient.
Ces mêmes sites suggèrent des liens externes vers des blogues où les clients potentiels recevront toute l’information pertinente sur la marche à suivre pour obtenir des attentions particulières, différentes selon les établissements. Des commentaires sur les performances et l’apparence des filles, l’intimité et l’étendu des services offerts, les coûts demandés et les heures où il est préférable de se présenter y sont aussi inscrits par les consommateurs précédents.