Le maire Vaillancourt somme Serge Ménard et Vincent Auclair de se rétracter
Le maire Vaillancourt
Le maire de Laval au cœur d’une tempête sur les « contributions électorales »

Suite aux accusations de tentative d’influence en offrant de larges contributions électorales, portées par deux députés, l’un du Bloc, l’autre du parti libéral, le maire de Laval Gilles Vaillancourt exige des rétractions à défaut de quoi il les poursuivra pour diffamation.

Dans l’œil du cyclone 
Le maire Vaillancourt se trouve au centre d'une tempête, après que Serge Ménard, qui représente le Bloc dans la circonscription de Marc-Aurèle-Fortin, ait déclaré à Radio-Canada dans une interview télévisée lundi dernier que M. Vaillancourt lui a offert une enveloppe au cours d'une élection partielle provinciale. Le fait qui remonte à 17 ans s’est déroulé à l’époque où Serge Ménard se présentait dans Laval-des-Rapides pour le Parti québécois.

Comme si les allégations de M. Ménard n'étaient pas assez surprenantes, le député libéral de Vimont au provincial, Vincent Auclair, a déclaré le lendemain que le maire Vaillancourt lui avait aussi offert une enveloppe en 2002 lors des élections. Serge Ménard prétend que M. Vaillancourt lui a précisé que l’enveloppe contenait une contribution à la campagne d’un montant de 10 000 $ et insiste sur le fait qu’il a refusé.

Que se trouvait dans les enveloppes?
Ce qui n'est pas tout à fait clair, c’est si Serge Ménard a vu ce qui était dans l'enveloppe blanche avant de refuser. Vincent Auclair, quant à lui, dit qu'il n'a pas regardé à l'intérieur de l’enveloppe, même si, a-t-il ajouté, il a refusé de l'accepter après que le maire la lui ait offerte.
Lors d'une conférence de presse tenue à l'Hôtel de Ville de Laval mardi après-midi, qui a provoqué une frénésie des médias montréalais, le maire Vaillancourt a déclaré que les allégations de messieurs Ménard et Auclair étaient sans fondement. Dans un communiqué publié en après-midi par le bureau du maire, on maintient que M. Vaillancourt « n'avait pas offert d'argent à Serge Ménard lors d'une rencontre dans ses bureaux (ceux du maire) en 1993 » et qu'en outre M.Vaillancourt « n'a jamais contribué à des partis politiques provinciaux. »

Le Maire « surpris » par les déclarations de Vincent Auclair
Le bureau de M.Vaillancourt a déclaré que le maire « est particulièrement surpris par la déclaration de M. Auclair, » puisque, selon M.Vaillancourt, celui-ci a personnellement confirmé le week-end dernier, qu'il ne se rappelait pas que le maire ou toute personne lui étant associée lui avait offert une enveloppe.
M. Vaillancourt précise que Vincent Auclair a répété cette version des faits à son chef de cabinet lundi dernier. En outre, M. Vaillancourt ajoute qu'il a signé un affidavit à cet effet. Il exige une rétractation de messieurs Ménard et Auclair, et ses avocats leur ont envoyé deux mises en demeure.

Le maire perd son sang-froid
Lors de la conférence de presse de mardi dernier, le maire Vaillancourt qui est généralement calme a perdu son sang-froid, quand les journalistes de Radio-Canada - qui sont sur cette histoire comme des limiers sur une proie – ont tenté à plusieurs reprises de lui faire admettre que les allégations étaient vraies. « Non, » leur a-t-il répondu avec vigueur.
« Je vous ai dit à quatre reprises que c’est faux et je demande à messieurs Ménard et Auclair de se rétracter, sinon... » M. Vaillancourt a déclaré qu’il a toujours eu de bonnes relations avec M. Ménard. Même lorsque poussé à plusieurs reprises par les journalistes, M.Vaillancourt a refusé de qualifier Serge Ménard de menteur.

L’onde de choc se propage
En attendant, l'onde de choc se propage bien au-delà Laval. La Chef du PQ, Pauline Marois s’est jointe un à un groupe d'observateurs qui demandent que le maire de la troisième plus grande municipalité du Québec, démissionne. En ce qui a trait à Vincent Auclair, le premier ministre Jean Charest a déclaré mardi que le député libéral aurait dû contacter immédiatement la police en 2002, après les actions présumées du maire Vaillancourt. Compte tenu des délais de prescriptions, il serait maintenant impossible de poursuivre en justice.
Les problèmes du maire Vaillancourt ne font que confirmer les soupçons qu’entretiennent les deux partis d’opposition à son égard, lui qui occupe ses fonctions depuis longtemps. Vingt-quatre heures avant que M.Vaillancourt ne réagisse, le Mouvement lavallois exigeait que Québec enquête sur son administration parce que, selon le ML, « il y a de sérieux doutes sur l'honnêteté du maire. »

La tutelle
« Nous sommes peut-être dans une situation où la ville doit être placée sous tutelle, » a déclaré dans un communiqué Mme Lydia Aboulian. Chef du Mouvement lavalois. « Québec doit tout mettre en œuvre pour faire rapidement la lumière sur cette histoire ». Mardi matin, avant la réaction officielle du maire Vaillancourt, le chef du Parti de l’opposition Au service du citoyen, Robert Bordeleau, a tenu une conférence de presse devant la mairie.
Il a exigé la démission immédiate de M.Vaillancourt, des quatre autres membres du comité exécutif de Laval ainsi que celle de M Jean-Jacques Beldié, conseiller municipal et président de la STL. Comme le Mouvement lavallois, M. Bordeleau souhaite également que la ville soit mise sous tutelle. « Je suis impliqué en politique municipale depuis 1993, et les rumeurs de copinage, de corruption et de favoritisme ont été une constante de l'administration Vaillancourt, », a déclaré M. Bordeleau dans un communiqué.