Les Jeux sont faits… Rien ne va plus!!!
Par Alberto del Burgo 4 / 03 / 2010
La page est tournée.
Les Jeux de Vancouver demeureront dans notre mémoire une kyrielle de souvenirs éblouis, de fiertés partagées, de triomphes d'équipes ou individuels, de victoires sur les douleurs physiques et parfois morales de nos athlètes, d'exploits inégalés, de records battus, bref, applaudissons tout le monde, du plus modeste bénévole jusqu'aux concepteurs des grandioses cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux, ils ont fait leur part.
Leurs efforts se sont conjugués pour que le succès arrive, pour que l'or, l'argent et le bronze pleuvent pour le récompenser ; je me suis cru un moment dans une nouvelle Rome : "…Donnez-leur des jeux..." qu'ils disaient, et le peuple sera satisfait.
À la vue de ces merveilleux jeunes hommes et merveilleuses jeunes femmes transfigurés par leurs efforts, embellis par leur forme éblouissante, leur diète, leur amour ou leur deuil, le peuple canadien a été fier des exploits du cirque qui leur a été offert en HD, s'identifiant aux triomphes des vainqueurs, s'apitoyant sur le malheur des autres, s'ébaudissant devant la beauté, s'endolorissant des chutes et de l'agonie de la défaite a connu des instants mémorables dont il sera longtemps reconnaissant.
Messieurs Harper et Charest se sont rengorgés à satiété afin de récolter leur part de notre reconnaissance éblouie. Les félicitations préenregistrées n'ont pas manqué.
Eh oui! L'on peut s'acheter des jeux pourvu qu'on y mette le prix.
Les puissants de ce monde l'ont fait à tour de rôle pour prouver aux autres la supériorité de leur système et, qu'il s'agisse des Américains, des Russes, ou des Allemands de l'Est, ils nous l'ont prouvé par le passé. Combien de millions avons nous dépensés pour remporter chaque médaille? Je serais curieux de voir ce chiffre un jour en vertu du droit d'accès à l'information… mais c'est bien, il faudra continuer sur cette lancée et ne pas laisser tomber nos sportifs comme on a déjà laissé tomber nos artistes, nos malades, nos chômeurs nos assistés ou nos aînés.
Pour les autres, ceux du tiers et du quart monde qui ont pu voir les Jeux et notre opulence par-dessus leurs ventres ballonnés par la malnutrition, pas étonnant qu'ils ne nous comprennent pas.
Quand les exploits de nos industriels mettent la planète en danger, quand le ciel gronde, quand la terre tremble, quand la pauvreté devient misère, quand richesse devient indécence, pas étonnant que leur révolte puisse les pousser aux dernières extrémités pour détruire ce monde qui les abandonne à leur malheur en devenant lui-même obèse.








