La vie retourne à la normale au Chili
M. Jaime Pinto, président de l’Association
« La reconstruction sera un très long processus », selon Jaime Pinto, le président de l’Association latino-américaine

Un résident de Laval, originaire du Chili déclare que les choses reviennent progressivement à la normale après qu’un tremblement de terre de 8.8 à l’échelle Richter ait frappé le pays à la fin février. Si le nombre de pertes de vies humaines a été relativement faible quand on le compare à Haïti, il n’en demeure pas moins que les conséquences pourraient entraîner une instabilité sociale.
État d’urgence
Le tremblement de terre chilien est arrivé le 27 février au large des côtes de la région de Maule et a duré 3 minutes. Ce sont les villes de Talcahuano, Arauco, Lota, Chiguayante, Cañete, Talca, Concepcion et San Antonio qui ont subi les plus longues secousses.
Le séisme a également été ressenti dans la capitale, Santiago, et des secousses ont été vives dans plusieurs autres villes. Une alerte au tsunami a été émise dans 53 pays. La présidente du Chili, Michelle Bachelet a déclaré l’état d’urgence. Près de 300 morts sont confirmés et plusieurs personnes manquent toujours à l’appel.
Des fonds pour reconstruire
« La vie revient progressivement à la normale », dit Jaime Pinto, président de l’association latino-américaine de Laval qui compte parmi ses membres environ 300 personnes originaires du Chili. « Le gouvernement travaille sans relâche, tout comme le peuple, et des fonds sont maintenant nécessaires pour reconstruire le pays qui a été détruit à près de 50 %. »
Le Chili a subi beaucoup moins de dommages qu’Haïti, bien que les secousses aient été plus fortes. Le Chili a une longue histoire séismique et a mis en place de nombreuses mesures pour s’assurer que les édifices soient construits en fonction des standards permettant de résister aux forts tremblements de terre. M. Pinto ajoute que le nombre de victimes pourrait augmenter, car un grand nombre de personnes manquent toujours à l’appel.
Un long processus de reconstruction
Alors que les impacts immédiats du séisme étaient moins sérieux que prévu, on a assisté à des pillages dans différentes régions du Chili. Alors que la majorité des gratte-ciel de Santiago au nord du pays sont restés indemnes, la partie sud du Chili a subi de nombreux dommages provoquant colère et désordre. Un représentant officiel a même parlé de « tremblement de terre social ».
« Le problème, c’est que la reconstruction d’un pays est un long processus », précise M. Pinto. « Ça ne peut se faire en une nuit ». M. Pinto ajoute que le tremblement de terre est arrivé en plein été et que la saison des pluies arrivera bientôt, ce qui rendra les conditions encore plus difficiles. De plus, le gouvernement chilien devrait bientôt changer.
Un recul économique
Mme Bachelet, une politicienne de centre gauche qui a dirigé le pays au cours des quatre dernières années, a remis cette semaine les rênes du pouvoir au président de centre droit élu, Sebastián Piñera. Le gouvernement de Michèle Bachelet a mis en œuvre un programme pour sortir le pays de la récession, mais M. Piñera hérite maintenant d’une économie qui vient de subir la destruction des ports, des routes et des entreprises. Le nouveau gouvernement doit reconstruire près de 500,000 maisons qui ont été détruites.
« Ce tremblement de terre est arrivé au mauvais moment, » observe M. Pinto. « Une énorme tâche attend le prochain président. Je suis certain qu’il fera tout en son possible pour rétablir l’ordre au Chili. Je suis sûr qu’il fera de son mieux pour reconstruire le pays». L’Association hispanophone de Laval ne compte aucune victime parmi les parents et amis des membres.
Un concert-bénéfice
Au tout début, deux personnes apparentées aux membres étaient portées disparues au Chili, mais ont éventuellement été retrouvées. La communauté chilienne a organisé un concert-bénéfice au Théâtre Telus situé au 1280 rue St-Denis à Montréal, mercredi le 10 mars dernier pour amasser des fonds qui seront remis à la Croix-Rouge. Un compte spécial a été ouvert à la Banque CIBC, No 01201-010-3005712, pour toute personne intéressée à contribuer aux efforts. M. Pinto encourage la population à venir en aide au Chili.