La soirée du OK

Les performances du gardien du Canadien de Montréal ont fait mentir tous nos commentateurs sportifs qui, dès les premiers jours de la saison, certifiaient que le CH serait incapable de faire les séries. La moitié des chroniqueurs TV nous expliquaient pendant toute la saison pourquoi ils ne se qualifieraient pas pour les séries et maintenant, l'autre moitié nous explique pourquoi ils se sont qualifiés et ont offert une performance sans tâches jusqu'à leur dernière partie.
Il en va de même pour notre ministre des finances qui a réussi à nous faire passer un déficit record sous prétexte que le gouvernement du Québec allait constituer une commission d'enquête sur… les allégations des pots de vins de la construction, mais pas sur les pots de vins de la construction! Faut le faire! Et Stratégie la Charrette s'en tirera une fois de plus d'une crise qui aurait relégué celle des commandites des homologues fédéraux à une pièce d'anthologie.
On nous dit à présent que l'économie va bien.
J'ai donc été en ville pour écouter les doléances des travailleurs. On me dit d'abord que la tension monte chez les infirmières qui font un travail remarquable pour le dixième du salaire d'un médecin, tandis que les brancardiers ruent dans les brancards. Beaucoup de murmures aussi chez les monteurs de lignes de l'Hydro qui sont aussi sous tension.
Dans les transports, c'est pareil, les cheminots veulent occuper les loco pour conserver leur train… de vie. Chez Ford, les salariés débrayent et la direction fait marche arrière. Les sidérurgistes sont laminés, l'immobilier s'effondre et les maçons sont terrassés. Pour les couvreurs, c'est une tuile et les vitriers restent en carafe.
Les faïenciers en ont ras le bol et les éleveurs de chiens sont aux abois, même les brasseurs sont sous pression. En face, c'est l'industrie des pompes funèbres qui est réduite en cendres, tandis que les profits du tabac partent en fumée.
Protestations chez les travailleurs de nuit qui en ont assez de vivre au jour le jour, chez les pédicures qui travaillent d'arrache-pied.
Les syndiqués de chez Tampax ont attrapé un coup de sang mais la direction s'en tamponne.
Les brasseurs sont sous pression, les éleveurs de volailles en ont marre d'être les dindons de la farce et ne veulent plus se faire plumer, les boulangers ont des problèmes croissants, les bouchers se battent pour leur beafsteack, que les pêcheurs haussent le thon, que les travailleuses du sexe traversent une mauvaise passe. Alors, forcément, les cafetiers trinquent et même notre imprimeur est déprimé!
Alors moi je pars en Floride pour aller à la plage ou me mettre sur la… grève.