Madeleine Dalphond-Guiral remerciée
Madeleine Dalphond-Guiral remerciée
Les Arméniens remercient l’ex-députée de Laval pour son aide sur la question du génocide.

Six ans après qu’elle ait présenté avec succès une motion au Parlement canadien reconnaissant le génocide des Arméniens de 1915 comme un « crime contre l’humanité », l’ex-députée de Laval du Bloc Québécois a reçu, la semaine dernière, une plaque commémorative de la Communauté arménienne de Montréal pour la remercier de ses efforts.
Une motion sans précédent
Au cours d’un vote sans précédent à la Chambre des Communes le 21 avril 2004, sur une motion présentée par Mme Dalphond-Guiral, le Parlement reconnaissait sans équivoque le génocide arménien et le qualifiait de « crime contre l’humanité » par 154 voix pour et 68 contre.
Même si ce vote devait être libre, sans aucune restriction ou ligne de parti, le gouvernement libéral de l’époque était préoccupé par ses relations diplomatiques avec la République de Turquie et avait demandé à ses ministres de voter contre. Conséquemment, plusieurs d’entre eux n’étaient pas présents aux Communes lorsque le vote eut lieu.
95e anniversaire
Chaque année, Mme Dalphond-Guiral se joint à la communauté arménienne à l’occasion de la cérémonie au monument dédié aux victimes de génocides au parc Marcellin-Wilson, à l’angle des boulevards Henri-Bourassa et de l’Acadie à Montréal. Des milliers d’Arméniens habitent dans la circonscription de Laval dont elle était la députée. Cette année, c’est le 95e anniversaire de la tragédie perpétrée par l’ancien Empire ottoman. À ce jour, vingt pays ont officiellement reconnu les événements de cette période comme un génocide. Les spécialistes du génocide et les historiens acceptent généralement ce point de vue.
Mme Dalphond-Guiral se rappelle des négociations dans lesquelles elle a été impliquée en 2004 pour assurer que sa motion ait le soutien des députés de tous les partis. « C’était une chaude lutte », a-t-elle rappelé dans une entrevue avec Mon Laval. « Le gouvernement libéral de l’époque était opposé à la reconnaissance du génocide par le Parlement. Alors, nous n’avons pu avoir un vote sur la question qu’en 2004. Avant, c’était toujours refusé ».
La motion a finalement été adoptée
Pendant des années, les règles parlementaires étaient telles que chaque fois qu’un député désirait un soutien unanime de la Chambre pour qu’une motion soit portée au vote, il suffisait qu’un membre se lève et s’y oppose pour faire cesser le processus.
Mais en 2004, le règlement a changé et Mme Dalphond-Guiral a alors compris qu’un vote sur le génocide arménien était finalement possible. Tout en reconnaissant que les politiciens de tous les partis ont travaillé fort pour recueillir le soutien nécessaire, Mme Dalphond-Guiral maintient que ceux qui ont travaillé le plus fort provenaient de la communauté arménienne.
La Turquie ne change pas
« Le gouvernement turc refuse catégoriquement de reconnaître que ce qui s’est passé en 1915 était un génocide », dit-elle. « Il menace d’exercer des sanctions économiques ou de retirer leurs ambassadeurs, mais vous savez l’ambassadeur est généralement de retour en poste assez rapidement. Je peux vous assurer qu’en tant que parlementaire qui introduisait cette motion, une pression incroyable a été exercée par les diplomates turcs qui étaient en place à l’époque. Je sais qu’ils ne faisaient que leur travail, mais ils auraient eu à se lever de très bonne heure pour me faire changer d’idée ».
La plaque a été offerte à Mme Dalphond-Guiral par la communauté arménienne et porte une inscription rédigée par un auteur américano-arménien qui fait référence à la ténacité et à la résistance du peuple arménien. Dans une carte attachée à l’arrière de la plaque, la communauté arménienne de Montréal exprime sa gratitude à Mme Dalphond-Guiral pour son soutien significatif à la cause des Arméniens. Elle s’est déclarée très touchée par le cadeau.