Le déversement de pétrole de la British Petroleum Gulf entraîne des problèmes pour l’oléoduc Enbridge
Par JML 12 / 05 / 2010
Par Karen Campbell
« Peut-on promettre qu’il n’y aura jamais d’accident ? Non. Personne ne le peut »
C’est en ces termes que le PDG de Embridge Pat Daniel a fait référence cette semaine au projet Northern Gateway Pipeline que sa compagnie met de l’avant.
C’était un étrange concours de circonstances pour la compagnie : déclarer que la construction d’un pipeline de sable bitumineux jusqu’à la côte de Colombie Britannique sera un succès en dépit de l’opposition des Premières Nations, des communautés locales et des organisations environnementales. Alors que le PDG prononçait son discours, le pétrole continuait de sortir du fond de l’océan et à se déverser dans le golfe du Mexique, là où il y a une semaine, la plateforme de BP Deepwater a explosé et coulé.
Ce pourrait être pire que le désastre de l’ Exxon Valdez
Depuis quelques jours, on estimait à 1,000 barils par jour la quantité de pétrole qui se déversait dans la mer, mais jeudi, cette estimation est montée à 5,000 barils par jour. On s’attend à ce que ce désastre environnemental coûte plus que le déversement du pétrolier Exxon Valdezen Alaska. Alors que des milliers de tonnes de pétrole atteignaient les côtes américaines du golfe, de nombreux états ont déclaré l’état d’urgence.
Le fait que la plateforme a explosé sans raison apparente est dramatique. Mais le fait que le bloc obturateur de puits, l’appareil qui doit prévenir ce type de catastrophes environnementales, n’ait pas fonctionné est de loin la pire chose. Alors que BP, tente d’amorcer le long processus de creuser un puits secondaire ou de mettre en œuvre une autre solution – descendre en profondeur un gigantesque dôme de fer ou encore d’enflammer la large nappe de pétrole de la grandeur de la Jamaïque, une chose demeure : Les graves accidents arrivent – des fractures de métal, des valves de sécurité qui ne fonctionnent pas et quand le premier plan de secours a échoué, il n’y a plus d’autres plans.
Si le plan de secours échoue, il n’y a pas d’autres plans.
C’est un coup dur pour les arguments des compagnies pétrolières qui défendent qu’elles sont en mesure d’opérer de manière sécuritaire dans des environnements fragiles.
Dans le cas du pipeline Enbridgeil ne s’agit pas seulement de la Côte-Nord de pristine qui est l’habitat naturel du grand ours, mais également des 1200 kilomètres de territoires qu’il traverse. Ouvrir complètement la côte de Colombie-Britannique aux pétroliers, créerait des risques de déversements qui mettraient en danger les populations de saumon, d’ours et d’autres espèces qui vivent le long des côtes.
Si le projet Enbridge va de l’avant, il amènerait chaque année plus de 225 pétroliers dans l’étroit Douglas Channel pour exporter 525,000 barils de pétrole arrivant chaque jour du terminal de Kitimat.
L’accident du Deepwater Horizon nous rappelle de façon brutale que nous avons besoin d’une interdiction permanente sur de nouveaux projets de développement pétrolier et de gaz naturel et que la circulation des pétroliers doit être interdite le long des côtes de Colombie-Britannique, comme le demandent les organisations environnementales depuis des années. Le désastre du golfe a ravivé la nécessité que le gouvernement intervienne sur cette question.
La question n’est pas de savoir « si », mais plutôt « quand et où »
En ce qui a trait au pipeline, la question n’est pas de savoir « Si », mais plutôt « quand et où »— et combien de tort cela fera à l’environnement. Selon, la Commission nationale de l’Énergie, on assiste en moyenne à une rupture aux 16 ans pour 1,000 kilomètres de pipeline au Canada. Le pipeline de sable bitumineux de la compagnie Enbridge ne serait pas immunisé contre ce risque.
Les risques que présente le pipeline sont à la fois sur terre et dans l’eau. Considérant que le pipeline suivrait un trajet dans les montagnes et serait ainsi soumis aux avalanches et aux glissements de terrain, qu’il traverserait plus d’un millier de rivières en Colombie-Britannique, les conséquences d’un bris ou d’une perforation seraient catastrophiques.
Le pipeline traverserait des écosystèmes où le saumon se reproduit et les territoires de plus de cinquante communautés des Premières Nations. Plus de la moitié d’entre elles ont clairement exprimé leur opposition au projet notamment par la campagne « Pipe Up Against Enbridge ». (pipeupagainstenbridge.ca).
Dans une déclaration qui se compare à la protestation de Clayoquot Sound au début des années « 90, les Premières Nations de la côte ont énoncé qu’elles ne laisseraient pas les pétroliers s’avancer dans leurs eaux — et qu’elles étaient prêtes à les bloquer avec leurs navires.
Le blocus de pétroliers
Assez sinistre comme projet ? Oui. Ce qui est pire, c’est que tous ces risques sont engendrés pour transporter une ressource qui a un grave impact sur l’environnement — les sables bitumineux — vers de nouveaux marchés permettant ainsi une augmentation de 30 % de la production des sables bitumineux, selon une étude de l’Institut Pembina.
La tragédie du Deepwater Horizon a coûté la vie à onze personnes, la destruction de la pêche commerciale et du tourisme, des dommages environnementaux graves et un coût de nettoyage élevé et juridiquement complexe. Le pipeline Enbridge nous forcerait à accepter le même risque – avec un résultat tragique similaire — pour nos rivages. L’huile et l’eau ne se mélangent pas.








