Pour réduire le temps d’attente en santé, suivez le modèle européen
Par Alberto del Burgo 27 / 05 / 2010
Par Ben Eisen
Le système de santé canadien présente un nombre important de forces. Les patients canadiens ont de meilleures chances de survie quand on les compare à ceux de la plupart des pays industrialisés. Par exemple, les taux de survie aux cancers et aux arrêts cardiaques sont relativement élevés. Un autre des éléments forts de notre système est le fait qu’il offre un accès universel aux individus, indépendamment de leur capacité de payer.
Malgré ses points forts, le modèle canadien présente aussi de graves faiblesses notamment le temps d’attente excessif pour obtenir un traitement, tout particulièrement si on le compare au système d’accessibilité universelle de qualité que l’on retrouve en Europe occidentale.
Les faiblesses peuvent être corrigées.
Certains Canadiens croient qu’il est impossible de lutter contre les faiblesses de notre système — les longs temps d’attente notamment — sans compromettre les principes d’universalité et de qualité des soins. Toutefois, une analyse des différents modèles européens de santé démontre que ce n’est pas le cas. Plusieurs pays comme les Pays-Bas, l’Allemagne et la Suisse ont un système de santé universel où les patients ont accès à des soins de haut niveau sans avoir à subir les temps d’attente vécus par les Canadiens.
Par exemple, le temps d’attente moyen pour une résonance magnétique au Canada est de plus de sept semaines. En Allemagne ou en Suisse, ce temps pour un diagnostic par résonance est d’une semaine et ce délai peut faire la différence entre la vie et la mort d’un patient.
De la même manière, l’attente pour une chirurgie orthopédique est excessivement longue au pays. En France et aux Pays-Bas, plus de 90 % des remplacements de la hanche ou du genou se font dans les 90 jours suivants la décision d’opérer. Mais au Canada, le temps d’attente moyen dans plusieurs provinces est de plus de 100 jours. En d’autres mots, même les patients qui attendent le plus longtemps pour une chirurgie en Europe de l’Ouest recevront leur traitement plus rapidement que les patients canadiens.
On réussit ainsi à atteindre des temps d’attente réduits, sans compromettre la qualité. Les pays européens comme les Pays-Bas ont des résultats médicaux égaux ou supérieurs à ceux du Canada. Ces résultats impressionnants ne nécessitent pas des dépenses accrues ; le Canada dépense plus par personne que l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique ou le Danemark.
Alors que les Canadiens souffrent de longues attentes pour des services médicaux essentiels, les pays européens du “Tier 1” ont accès à des soins rapides de haute qualité, et ce, pour des dépenses gouvernementales similaires ou moins élevées qu’au Canada. Cette réussite repose sur une approche des soins de santé fondamentalement différente. Le modèle européen fait la promotion de la liberté de choix du patient et de la compétition en évitant un monopole gouvernemental sur le contrôle de la prestation de soins et de l’assurance santé.
Dans plusieurs pays européens, la couverture universelle est garantie par un système qui exige que chacun se dote d’une assurance chez un assureur de son choix. Une assistance financière est donnée à ceux qui n’ont pas assez d’argent. Ce système garantit un accès universel tout en évitant les lacunes d’un système de monopole gouvernemental, comme celui que l’on retrouve au Canada.
Les Pays-Bas ont probablement le meilleur système de santé au monde. On y trouve un solide marché privé pour les assurances médicales et une compétition active entre les fournisseurs de services de santé, à la fois à but lucratif et non lucratif. Dans le système canadien où le gouvernement détient le monopole des soins de santé et les budgets des hôpitaux ne sont pas liés à la productivité, il n’y a pas d’encouragement à la compétition entre les fournisseurs de soins. C’est pourquoi notre système est inefficace et lent en comparaison avec des systèmes de soins universels plus compétitifs comme celui des Pays-Bas.
Une allocation des ressources inefficace.
Les monopoles conduisent à une allocation des ressources inefficace et à de bas niveaux de productivité, alors que la liberté de choix des consommateurs ainsi que la compétition réduisent les coûts et permettent d’accroître la productivité. C’est vrai dans presque tous les secteurs de l’activité économique et c’est vrai dans les services de santé. Les preuves empiriques du cas européen le démontrent. Elles prouvent également que la liberté de choix et la compétition peuvent agir conjointement dans le contexte d’un système universel en ayant comme résultat une réduction des coûts, une plus grande efficacité et des temps d’attentes réduits.
Les gouvernements successifs canadiens ont démontré très peu d’empressement à reconnaître la gravité des lacunes de notre système de santé et n’ont pas entamé des réformes substantielles pour réduire les temps d’attente. Des réformes mineures ne seront pas suffisantes pour renverser la vapeur. La structure de monopole qui caractérise notre système doit être fondamentalement modifiée avec le temps si nous désirons atteindre le niveau d’efficacité des systèmes de soins universels ouest européens. Nous devrions commencer à adopter les bonnes pratiques de pays tels le Danemark, la France, les Pays-Bas et l’Allemagne.








