On s'en foot

Chacun ses chants!
Au hockey, quand une équipe est certaine de remporter sa "game", les partisans entonnent des chants d'encouragement, voire le "chananana, chananana, hé hé, good bye!" ce qui, à bien y penser, est assez impoli envers une équipe qui vient pourtant de nous faire un cadeau de deux points.
Un peu partout ce sont des chants, entonnés par les partisans, ou les huées conspuant les bons joueurs adverses… ou des mauvais arbitres, mais en Afrique, c'est ce son lancinant des "vuvuzelas" comparable à celui d'un essaim d'abeilles qui met les nerfs en pelote tant au public qu'aux joueurs et aux téléspectateurs… Pourtant, moi, j'aime bien ce bruit, ça Mexique!
Bzzzz…!
Dans les quartiers multiethniques, on est confronté à des sportifs du téléviseur, capable de tout pardonner aux délégués de leur pays, même les mauvais coups, et de tout reprocher à leurs adversaires, même les bon coups. À propos de coups, j'ai revu Zidane. Il joue l'analyste TV et a beaucoup de succès. D'ailleurs, il a toujours su se servir de sa tête!
Ainsi donc, notre mosaïque culturelle s'apprête, une fois de plus, à descendre dans la rue, klaxonner en cortège, crier "On a gagné" en grec, en italien, en portugais, en arabe ou en espagnol, en anglais, en afrikander, en zoulou, en guinéen, en français, en ghanéen, en slovaque ou en allemand et en faisant flotter au vent une symphonie de drapeaux multicolores pour remplacer les fanions du CH parti prématurément jouer au golf!
Dans certains quartiers, les plus excités sont des ventripotents gorilles obèses en chemise blanche ouverte jusqu'au nombril sur leurs broussailles pectorales, grands experts de ce que les joueurs auraient dû faire, mais que cet imbécile d'entraîneur a décidé d'éviter, des infractions que les arbitres internationaux auraient dû voir s'ils n'avaient pas des oeuillères… et siffler s'ils avaient des cojonés.
Nos sportifs de la zapette reprochent aux Anglais de tirer droit, aux Allemands de tirer fort, aux Italiens de tirer en coin, aux Brésiliens de faire de la dentelle, aux Suisses de donner des coups de pieds partout sauf sur le ballon, ce qui fait pousser à leurs adversaires des cris d'une voix Argentine. (désolé, il n'y avait pas d'Iraniens pour pousser des cris persans).
Tout ça sous le ciel bleu d'Afrique, dans les belles couleurs vives de vert, d'orange, de jaune, de rouge et de noir et exubérantes de l'Afrique du Sud.
L'Afrique du Sud perd le nord,
le Nord et le Sud se lancent des ballons édul-Corée,
les Slovènes donnent des coups de pieds qui ne Serbes à rien,
pas étonnant que dans les rencontres de la Côte d'Ivoire, les arbitres… n'Yvoirien!
De plus, les Pays-Bas vont se faire voir chez les Grecs au grand dam des Danois qui n'ont Ghanéien du tout ; on reproche aussi aux Français de manger du Chili, de shooter partout sauf sur le but adverse, et aux Algériens de ne s'attaquer qu'aux arbitres…
"Et pendant ce temps là, Charest impose le bâillon et Harper n'en fait qu'à sa tête, notre serpent de maire tient sa parole de ne pas augmenter les taxes mais en invente de nouvelles, et le pétrole continue à se répandre dans le Golfe du Mexique.
Puis, comme nous avons la tête au foot, eux autres, ils s'en foot!