Gilles Duceppe est fier des réalisations des vingt dernières années comme chef du BLOC
Par Martin C. Barry 3 / 09 / 2010
Sa période en tant que chef a été marquée par une stabilité et un accroissement des votes
Vingt ans après être arrivé en tant que député à la Chambre des Communes, le chef du Bloc Québécois Gilles Duceppe est fier du fait que le Bloc ait participé à six élections générales consécutives, et qu’il ait été le chef du parti au cours des cinq dernières élections. « Aucun autre parti ne peut en dire autant », a déclaré Gilles Duceppe lors d’une conférence de presse tenue à Laval le 19 août dernier. Tout comme les autres chefs des partis fédéraux, M. Duceppe a passé une partie de l’été à parcourir la province pour rencontrer les électeurs. Au cours du point de presse, il était accompagné des trois députés du Bloc Québécois, Nicole Demers, Serge Ménard et Robert Carrier, ainsi que de Mohamedali Jetha, le candidat du parti dans Laval les Îles.Il a remplacé Lucien BouchardÉlu pour la première fois en 1990 en tant qu’indépendant dans la circonscription de Laurier-Sainte Marie, avant que le Bloc ne soit accrédité comme parti politique, Gilles Duceppe, 63 ans, est devenu chef du Bloc Québécois en 1997 après le départ de la scène politique fédérale du chef précédent, Lucien Bouchard. La présence de Gilles Duceppe à la tête du parti a été marquée par la stabilité. Il a également reçu un soutien constant de certaines circonscriptions-clés au Québec où la défense des intérêts de la province et la question de la souveraineté demeurent populaires auprès des électeurs. Le Bloc s’intéresse également à la défense des intérêts des francophones dans d’autres régions du Canada, comme au Nouveau-Brunswick et au nord de l’Ontario. Les électeurs « reconnaissent » le Bloc« Nous sommes bien placés dans les sondages », a déclaré Gilles Duceppe aux journalistes. « Les Québécois se reconnaissent dans le parti, parce que nous reflétons leurs valeurs et leurs intérêts. Quand j’entends les partis fédéraux soutenir que c’est ce qui nous empêche d’atteindre une plus grande majorité, je pense que ce sont plutôt eux qui s’en empêchent. Les Québécois ne se reconnaissent pas dans les partis libéral, conservateur et néo-démocrate. Nous ne sommes pas responsables de leur impuissance ».« Je suis très fier de cela et je suis également fier de répéter au Québec qu’il faut cesser de rendre le Canada responsable de tout », ajoute Gilles Duceppe. « Le Canada est un beau pays. La nation canadienne est une grande nation. Mais ce n’est pas notre nation et nous avons besoin de notre propre pays pour pouvoir parler d’égal à égal, de pays à pays. Nous ne deviendrons pas souverains par dépit. Nous deviendrons souverains parce que nous désirons prendre notre place dans le monde ». Transformer l’image du BlocAu cours de son mandat à titre de chef du parti, Gilles Duceppe a grandement contribué à entretenir l’image de modération du Bloc, plutôt que celle d’un parti en constante confrontation avec le reste du Canada.
Même si le Bloc courtise des électeurs et se présente uniquement dans des circonscriptions du Québec, Gilles Duceppe porte le message également dans les autres provinces. « Les souverainistes ne sont pas des extrémistes », a-t-il déclaré la semaine dernière. « Les Canadiens reconnaissent la rigueur de notre travail, le sérieux que nous démontrons. Je ne dis pas qu’ils sont pour la souveraineté, mais il y a un respect qui s’est développé et j’en suis très fier ». Alors que la présence de Gilles Duceppe à la direction du parti semble évidente (si on compare la situation de déchirement chez les Libéraux), on peut se poser la question à savoir si diriger le Bloc, c’est surtout prêcher à des convertis. Alors que l’appui des électeurs au Bloc demeure stable, les nombres semblent avoir atteint leur sommet et il reste à voir si d’autres gains pourraient être faits sous la direction de Gilles Duceppe. Prêcher aux convertis?« De toute évidence, lors de mes déplacements dans les régions, je rencontre des partisans », a-t-il déclaré à Mon Laval. « Mais cela ne m’empêche pas de rencontrer des gens d’affaires et des représentants syndicaux qui ne sont pas nécessairement souverainistes. Il est important que nous puissions nous rencontrer et souvent nous ne connaissons pas l’allégeance politique de nos interlocuteurs ». M. Duceppe soutient qu’il ne se préoccupe pas de savoir si les gens qu’il rencontre sont souverainistes ou non, mais il les laisse le juger et juger son parti, en fonction de l’intégrité de ses politiques et de ses engagements.








